Le portage salarial offre à un consultant indépendant ce que la micro-entreprise ne donne pas : un contrat de travail, l’assurance chômage et une société qui gère facturation, paie et assurance professionnelle. Le prix à payer est double : des frais de gestion prélevés par la société de portage et des cotisations de salarié, plus lourdes que celles d’un micro-entrepreneur. Le statut est aussi plus étroit qu’il n’y paraît, puisque la loi limite les profils et les missions admis. Voici la comparaison, critère par critère, avec la micro-entreprise et avec un CDI ou un CDD classique.
Portage, micro-entreprise ou salariat : le comparatif
Le tableau reprend les règles du code du travail (articles L1254-1 et suivants) et des fiches de service-public.fr consultées le 3 novembre 2026.
| Critère | Portage salarial | Micro-entreprise | CDI ou CDD classique |
|---|---|---|---|
| Statut | Salarié de la société de portage | Entrepreneur individuel | Salarié de l’employeur |
| Qui trouve le travail | Vous | Vous | L’employeur |
| Qui fixe le prix | Vous, avec le client | Vous | Salaire négocié à l’embauche |
| Prélèvements | Cotisations salariales et patronales, plus frais de gestion, pris sur le chiffre d’affaires | 21,2 % (services BIC) ou 25,6 % (libéral BNC) du chiffre d’affaires en 2026 | Cotisations salariales sur le salaire, part patronale payée par l’employeur |
| Plafond de chiffre d’affaires | Pas de plafond de ce type | 83 600 € pour les services en 2026 | Sans objet |
| Assurance chômage | Oui | Non ; ATI sous conditions strictes | Oui |
| Entre deux missions | Pas de salaire en CDI ; réserve de 10 % | Aucun revenu | Salaire maintenu en CDI |
| Activités possibles | Missions occasionnelles ou d’expertise, 36 mois au plus | Large | Le poste du contrat |
Le portage se situe entre les deux : la liberté commerciale de l’indépendant, la protection du salarié, à un coût plus élevé que l’un et l’autre.
Les avantages du portage salarial
Le premier avantage est l’assurance chômage. Selon service-public.fr (fiche « Portage salarial », vérifiée le 28 mai 2026), le salarié porté en bénéficie et peut cumuler l’allocation d’aide au retour à l’emploi avec les revenus d’une activité portée.
Viennent ensuite les garanties attachées au statut. La société de portage établit les contrats, encaisse les paiements, verse le salaire et règle les cotisations. Elle souscrit une assurance de responsabilité civile professionnelle pour le salarié porté et doit justifier d’une garantie financière qui paie les salaires si elle fait défaut (article L1254-26). La rupture du contrat avec un client n’entraîne pas à elle seule celle du contrat de travail (article L1254-8). Le salarié porté a aussi accès à la formation, à la VAE, au bilan de compétences et au compte personnel de formation.
Pour qui veut garder ses droits de salarié tout en choisissant ses clients, le portage est le seul cadre qui le permet.
Les inconvénients à peser
Le coût d’abord. Sur le prix payé par le client, la société de portage retire ses frais de gestion, puis les cotisations patronales et salariales. Le taux de frais de gestion n’est pas fixé par la loi : il figure dans le contrat de travail et son détail apparaît chaque mois sur le compte d’activité. Le micro-entrepreneur, lui, paie un pourcentage forfaitaire de son chiffre d’affaires et n’a pas de frais de gestion : à chiffre d’affaires égal, la comparaison doit se faire sur le revenu net, simulé dans les deux cas.
L’accès ensuite. Il faut justifier d’une expertise, d’une qualification et d’une autonomie suffisantes pour trouver ses clients (article L1254-2), soit au moins un bac +2 ou trois ans d’expérience dans le secteur selon service-public.fr. Les services à la personne sont exclus, une même prestation ne peut pas dépasser 36 mois et le client ne peut y recourir que pour une tâche occasionnelle ou une expertise qu’il n’a pas en interne.
Enfin, la société de portage n’a aucune obligation de fournir du travail. En CDI de portage, les périodes sans mission ne sont pas payées ; seule une réserve de 10 % du salaire de base de la dernière mission amortit le creux, selon la convention collective de branche.
Faites simuler votre salaire net sur votre tarif réel avant de signer : c’est le seul chiffre qui permet de comparer.
Face à la micro-entreprise : protection contre simplicité
La micro-entreprise coûte moins cher mais protège moins. Ses cotisations sont un pourcentage du chiffre d’affaires : en 2026, 21,2 % pour les prestations de services commerciales et 25,6 % pour les activités libérales non réglementées, selon la fiche de service-public.fr vérifiée le 1er janvier 2026. Ce taux couvre maladie, indemnités journalières, retraites de base et complémentaire, invalidité et décès. Le régime est limité à 83 600 € de chiffre d’affaires par an pour les services.
Côté chômage, le micro-entrepreneur ne cotise pas à l’assurance chômage. Il peut seulement prétendre à l’allocation des travailleurs indépendants : il faut une cessation après liquidation, redressement judiciaire ou activité devenue non viable, deux ans d’activité, plus de 10 000 € de revenus sur l’une des deux dernières années. Elle est de 26,30 € par jour au plus, pendant 182 jours, d’après service-public.fr. Pour les démarches de départ, notre guide pour se mettre à son compte liste l’essentiel, et la page mutuelle TNS aborde la complémentaire santé des indépendants.
Si la protection chômage compte peu pour vous et que votre chiffre d’affaires reste sous le plafond, la micro-entreprise est la formule la plus simple.
Face à un CDI ou un CDD classique
Le salarié classique reçoit le travail de son employeur et un salaire, même lors d’une baisse d’activité. Le salarié porté choisit ses missions et son tarif, mais porte seul le risque commercial. Son CDD de portage ne peut dépasser 18 mois, renouvellements compris (article L1254-12). Le salaire minimum relève de la convention de branche : de 63 % à 85 % du plafond de la sécurité sociale de 2017 selon le niveau, soit 2 451,75 € bruts mensuels pour un senior à temps plein selon service-public.fr.
Pour le détail du fonctionnement et les points à vérifier chez une société, voir notre article pourquoi passer par une société de portage.
Le portage ne remplace pas un poste stable : il convient à ceux qui vendent déjà une expertise.
À retenir
- Atouts : contrat de travail, assurance chômage, gestion déléguée, garantie financière.
- Limites : frais de gestion et cotisations de salarié, clients à trouver soi-même, missions de 36 mois au plus.
- Micro-entreprise : 21,2 % ou 25,6 % de cotisations en 2026, mais pas d’assurance chômage.
- Comparez toujours sur le salaire net simulé à partir de votre tarif.
Par la rédaction




