Une assurance multirisque professionnelle regroupe dans un seul contrat des garanties choisies par l’entreprise, pour ses biens et, selon l’offre, pour son activité. Aucun texte ne l’impose en tant que telle, mais elle peut rassembler les assurances qui, selon votre situation, sont obligatoires.
L’essentiel
- Le contrat est modulable : l’étendue des garanties se choisit.
- L’obligation d’assurance dépend de l’activité, du statut et du local, pas du nom du contrat.
- Pour comparer deux offres, regardez les garanties, les exclusions et les plafonds avant la cotisation.
Ce que recouvre une multirisque professionnelle
La fiche Assurances de la société d’Entreprendre Service Public, vérifiée le 7 juillet 2026, présente la multirisque comme un contrat adaptable. L’entreprise y règle l’étendue de la protection, et peut y loger toutes ses assurances obligatoires.
La page d’economie.gouv.fr datée du 7 juillet 2026 range les garanties des assurances professionnelles en trois familles :
| Famille | Ce qui est protégé | Exemples donnés par la source |
|---|---|---|
| Les biens | Locaux, matériels, stocks, outils de production, systèmes informatiques, véhicules | Incendie, explosion, vol |
| L’activité | Produits et prestations | Dommages liés à l’activité, qui peuvent engager la responsabilité civile, environnementale ou juridique |
| Les personnes | Dirigeant, conjoint, salariés | Protection sociale, retraite, prévoyance, déplacements professionnels |
Une multirisque n’embrasse pas forcément les trois familles. Seul le contrat signé dit ce qui est réellement couvert.
La multirisque est un cadre : c’est le contrat, ligne par ligne, qui fixe la couverture.
Ce qui est obligatoire, ce qui ne l’est pas
Selon economie.gouv.fr, une assurance professionnelle peut être exigée par la loi ou par les textes propres à une activité. Elle n’est pas toujours obligatoire, mais la source la juge vivement recommandée. Tout dépend de l’entreprise et de son activité.
Pour une société, la fiche d’Entreprendre Service Public distingue plusieurs situations :
- Véhicules : ceux que la société possède ou loue doivent être assurés.
- Local : une société locataire doit l’assurer, et le contrat peut aussi viser le matériel, les aménagements et les stocks. Les risques habituels sont l’incendie, l’explosion, le dégât des eaux et la catastrophe naturelle. Une société propriétaire n’a pas cette obligation, même si l’assurance est fortement conseillée.
- Salariés : avec du personnel, la société doit prévoir une protection sociale complémentaire, financée à 50 % au moins par l’employeur pour la mutuelle.
- Activité : certaines activités ou professions réglementées imposent de s’assurer. La fiche cite la responsabilité civile professionnelle pour les avocats ou certains professionnels de santé, et la garantie décennale pour certaines professions du bâtiment.
Pour vérifier si votre activité est réglementée, la fiche renvoie à l’annuaire des activités et professions réglementées de l’Institut national de la propriété industrielle (Inpi).
Aucune des deux sources n’érige la multirisque en obligation : l’obligation naît de votre activité et de votre local.
Multirisque et RC pro : deux notions liées
La responsabilité civile professionnelle (RC pro) est l’une des assurances que certaines activités doivent détenir. La multirisque est un contrat plus large, qui peut l’accueillir, comme les autres garanties obligatoires. Détailler votre cas relève de la page sur la responsabilité civile professionnelle.
Pour le bâtiment, economie.gouv.fr précise qu’un professionnel doit prouver, dès l’ouverture d’un chantier, qu’il a souscrit un contrat couvrant cette responsabilité. Notre page sur la garantie décennale explique ce régime.
Commencez par repérer l’assurance que votre activité impose, puis complétez avec les garanties utiles à vos biens.
Comparer deux contrats
D’après Entreprendre Service Public, l’assureur apprécie le risque d’après l’activité, le chiffre d’affaires, l’effectif, les locaux ou équipements et les sinistres passés. Son devis doit alors indiquer les garanties, les exclusions, les plafonds d’indemnisation et la cotisation.
Ces éléments donnent une grille de lecture :
- Garanties : tous vos risques réels sont-ils couverts, ou seulement certains ?
- Exclusions : quelles situations ne donnent droit à aucune indemnité ?
- Plafonds : l’indemnité maximale suffit-elle à remplacer votre matériel et votre stock ?
- Cotisation : elle varie selon la taille du local, la commune, le nombre de salariés ou de véhicules. Les sources officielles ne publient aucun tarif de référence, et cet article n’en donne pas.
L’entreprise peut s’adresser à une compagnie, à un agent général ou à un courtier. Le courtier fait la recherche et peut comparer plusieurs offres, ce qui aide pour une activité à risques particuliers.
Comparez d’abord garanties, exclusions et plafonds, puis seulement la cotisation.
Ce qui change en 2026
Economie.gouv.fr relève que la loi de simplification de la vie économique, applicable depuis le 28 mai 2026, renforce les droits des entreprises :
- l’assureur doit motiver toute résiliation de contrat ;
- les microentreprises et les PME pourront résilier sans frais certains contrats couvrant leurs biens professionnels, à tout moment après un an, une fois paru le décret d’application, encore attendu à la date de la page ;
- après une expertise suite à un sinistre, l’assuré doit être informé qu’il peut demander une contre-expertise, avec l’expert de son choix payé par l’assureur ;
- lors de catastrophes naturelles rapprochées, la franchise ne s’applique qu’une fois.
Entreprendre Service Public rappelle les délais après un sinistre : 2 mois pour une offre d’indemnisation sans expertise, jusqu’à 6 mois avec expertise, puis 21 jours pour un versement en argent.
Si aucun assureur n’accepte de couvrir un risque légalement obligatoire, le Bureau central de tarification peut être saisi après deux refus. Il ne traite que certaines assurances, dont la responsabilité civile automobile, l’assurance construction et la catastrophe naturelle.
Vérifiez que le décret est paru avant de compter sur une résiliation à tout moment.
À retenir
- La multirisque professionnelle est un contrat modulable qui peut réunir les assurances obligatoires de l’entreprise.
- Elle n’est pas obligatoire par principe : l’obligation dépend de l’activité, du statut et du local loué.
- Pour le cadre général, voir la gestion d’entreprise ; pour un projet en cours, la création d’entreprise.
- Comparez garanties, exclusions et plafonds avant la cotisation.
- Depuis le 28 mai 2026, l’assureur doit motiver toute résiliation. La résiliation libre après un an attend un décret.
Sources
- Assurances de la société, Entreprendre Service Public (vérifié le 7 juillet 2026) (entreprendre.service-public.gouv.fr)
- Professionnels : quelles sont les assurances obligatoires ?, economie.gouv.fr (7 juillet 2026) (economie.gouv.fr)
Par la rédaction




